Le mois d’avril aura infligé un rude climat aux vignobles français. Ces épisodes de gel printanier n’ont épargné que très peu de régions viticoles. Cette période est d’ailleurs très critique car, les premières feuilles étant tout juste sorties, elles sont gorgées d’eau et donc très sensibles au gel. Si le taux d’humidité est important, elles gèlent déjà à -2°C, ceci pouvant entraîner la perte de la totalité de la récolte. Pour lutter contre ce danger, les viticulteurs ont mis au point plusieurs méthodes, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.

  • Protection par la chaleur

Cette année, le vignoble Chablisien (Yonne) s’est enflammé pour garder une température positive. De nombreux domaines avaient installé des torches, alimentées au pétrole, tous les 10 mètres environ. Ceci pour tenter d’augmenter la température du sol. D’autres installent des bougies à la paraffine à la place des petits brûlots. Cette technique est efficace jusqu’à -6°C et permet d’augmenter la température d’environ 2,5°C afin que les feuilles, encore très jeunes, ne gèlent pas. Cependant, elle est difficile à mettre en place sur de grandes surfaces car elle nécessite de nombreuses torches. Elle est également peu envisageable lorsque le vent est fort.

  • Protection par l’eau

Pour lutter contre le gel, on peut aussi « refroidir » les ceps. En effet, certains vignerons, dans le Saumurois (Maine-et-Loire) notamment, préfèrent appliquer la méthode d’aspersion pour protéger leur récolte. Il s’agit d’arroser en continu la vigne d’eau, afin que des coques de glace se forment autour des branches. Ces coques protègent ainsi les feuilles et les bourgeons des températures négatives. Ceci est possible jusqu’à -9°C. Cette méthode a fait ses preuves mais elle est très coûteuse en eau car l’aspersion doit être ininterrompue jusqu’à ce que les températures atteignent les 3°C.

  • Protection par l’air

Plus étonnant encore, certains viticulteurs, comme ceux de l’appellation Montlouis-sur-Loire , font appel à des hélicoptères pour protéger leur vigne du gel. En effet, la température étant plus basse au pied des vignes que quelques mètres plus haut, le fait de brasser l’air avec les pales de l’hélicoptère permet de rabattre l’air plus chaud au sol et donc de réchauffer les ceps. Cette méthode a aussi l’avantage de faire diminuer l’humidité au sol. Le brassage d’air est parfois aussi réalisé par de petites éoliennes, d’environ 5 mètres de diamètre, installées au cœur des domaines. Ce processus par brassage d’air a l’avantage d’être rapide et relativement peu coûteux de l’hectare. Il peut être utilisé jusqu’à des températures aux alentours des -5°C.

 

D’autres solutions existent encore, comme par exemple la bio-protection qui consiste en la pulvérisation de molécules antigel sur les vignes, le chauffage par fils électriques ou l’installation de chaudières au gaz projetant de l’air chaud. Ces processus restent cependant plus occasionnels, les plus utilisés étant les trois méthodes détaillées juste avant.

Malgré tous les moyens mis en œuvre, la majorité des vignobles ont été touchés par le gel cette saison, occasionnant parfois une perte allant jusqu’à 80% de la récolte. Nous soutenons les vignerons et ne pouvons qu’encourager l’entraide dans cette situation difficile.


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