Alexandre Lamard est fondateur de Lyon Dégustation – une agence événementielle œnologique – et porteur d’un nouveau projet de « caves à vivre » en partenariat avec Les Casiers d’Antan. Mais il est avant tout passionné de vin ! Nous l’avons rencontré autour d’un café pour qu’il nous parle de ce qui le fait vibrer. (Il était un peu tôt pour un verre !)

D’où venez-vous Alexandre ? Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours plutôt particulier ! J’ai commencé par des études de littérature anglaise et j’ai obtenu mon Master en Grande Bretagne. Ensuite j’ai enseigné l’anglais pendant 18 ans. Au fil du temps je suis devenu traducteur-interprète dans le secteur viti-vinicole. Ma passion pour le vin se faisait de plus en plus grande, j’ai donc décidé de passer un DU d’Œnologie et Terroirs Viticoles à Dijon. J’ai abandonné l’enseignement pour me consacrer à 100% au vin, c’est ce qui me porte.

Pourquoi avez-vous choisi le vin ?

Mon père était œnologue, nous avions une petite parcelle de vigne en Bourgogne du Sud : je suis né là-dedans. J’ai passé mon enfance dans les caves et les vignes. Mes amis aujourd’hui sont pour la plupart vignerons. J’adore me balader dans les vignes, je ne me lasse pas de lire des livres, de me cultiver sur le vin, d’apprendre : c’est dans mon sang.

C’est donc pour faire de votre passion votre métier que vous avez créé Lyon Dégustation ?

Je l’ai créée en 2015 mais le projet courait dans ma tête depuis un petit moment déjà. C’est une agence événementielle œnologique : on ne fait que des animations autour du vin, pour les particuliers et les professionnels. Par exemple, samedi dernier c’était pour un enterrement de vie de jeune fille !

Généralement, vos clients sont-ils déjà de bons connaisseurs en matière de vin ?

Les personnes qui me commandent des animations sont toujours amatrices de vin, mais dans les invités, ce n’est pas toujours le cas. Il n’y a pas très longtemps, nous commencions une animation de 3h et je voyais une dame qui n’avait pas l’air très à l’aise, elle a fini par me dire qu’elle n’aimait pas le vin ! Mais je pense que dans 99% des cas, les gens passent un bon moment. En plus, en France, le vin est très ancré culturellement, les gens aiment ça, même sans être grand connaisseur. D’ailleurs, je défends un mode de dégustation où tout le monde peut laisser libre cours à son sentiment personnel, je n’ai pas envie d’enfermer la dégustation dans une dimension trop technique. On peut remplir des grilles, mettre des notes, mais moi ça ne m’intéresse pas. En plus de cela, on sait que sur le plan génétique, personne ne sent les arômes de la même manière, il n’y a pas de vérité en dégustation !

Qu’est-ce que vous retenez particulièrement de ces dégustations partagées avec des personnes qui soient connaisseuses ou non ?

Parfois il y a des personnes qui me disent “Alors moi je n’y connais rien mais ça me fait penser à une situation, un souvenir”. C’est curieux comme un arôme peut leur évoquer quelque chose de très personnel. J’entends parfois de belles histoires, on me raconte avec la larme à l’œil « ça me rappelle quand ma grand-mère cuisinait pour nous ». J’aime beaucoup cette dimension de partage.

C’est cette notion de partage que vous préférez dans votre métier ?

Ce que je préfère c’est voir les gens prendre de l’autonomie par rapport au vin lors de la dégustation. On nous a tellement enfermés dans cette obligation d’analyse des critères, que je trouve trop techniques, que j’ai plaisir à voir les gens se dire que leur ressenti est leur propre vérité. Je considère une bouteille comme un œuvre d’art, chacun va en avoir une lecture très personnelle. Il n’y a pas de vérité imposée, l’interprétation est libre.

Au contraire, qu’est-ce que vous détestez dans votre métier ?

Lorsque l’on me demande un devis pour une soirée œno-gastronomique avec un budget qui suffirait juste à payer un Mc Do ! Moi je ne veux pas sacrifier la qualité des vins. Je ne veux pas proposer des vins de mauvaise qualité car, même sans être connaisseur, les gens sont sensibles à cela. Un beau vin participe au fait de passer une bonne soirée, d’en avoir un bon souvenir.

Quel sont vos projets pour le futur ?

J’ai vraiment envie de développer ce concept de cave à vivre. Je propose des pièces permettant de conserver ses bouteilles en les mettant en valeur. Cela permet de les exhiber, un peu comme dans une bibliothèque, et d’y passer des moments conviviaux. Cela fait trois ans que je travaille en partenariat avec Les Casiers d’Antan sur ce projet et nous voulons vraiment continuer à le développer.

Cave

Cave réalisée par Les Casiers d’Antan

Quels sont vos types de clients sur cette offre ?

Alors il y a vraiment deux profils. Je vois à la fois des jeunes couples qui font construire leur maison et qui veulent absolument y intégrer une cave. Ils ont parfois presque dessiné la cave avant la maison ! Et je vois aussi des gens plus âgés, qui ont beaucoup de bouteilles et qui veulent se faire plaisir, mieux les ranger, et dans un endroit qui soit agréable.

Comment travaillez-vous avec eux pour construire leur projet ?

On s’adapte vraiment à toutes les demandes, chaque projet part de 0, on réalise les caves sur-mesure. On choisit ensemble la capacité, de 100 jusqu’à 5000 bouteilles parfois, les matériaux etc. Et puis tout le monde ne voit pas la même finalité dans sa cave, il faut prendre cela en compte. Nous avons des clients qui ont des bouteilles rares, qui ne veulent pas en faire la publicité. Dans ce cas-là, la cave prend des airs d’antre secrète. Au contraire, je rencontre des personnes qui me disent : “J’adore le vin et je veux en faire profiter mes amis. Quand je reçois, je veux qu’on puisse prendre l’apéro dans la cave”. C’est drôle car à force de discuter avec tant d’amateurs de vin, je commence à réussir à me faire une idée de leur personnalité selon les bouteilles qu’ils boivent !

Et alors vous, si vous étiez un vin, ce serait lequel ?

Je serais un pinot noir de Bourgogne, avec une grande complexité aromatique et une texture très soyeuse. Un vin rare, assez haut de gamme. Un Volnay “Les Caillerets” de 2006 par exemple. Vous voyez, tout de suite en le sentant, il y a quelque chose qui vous saisit, que vous soyez connaisseur ou non. Il y a un vigneron qui disait “Un grand vin doit plaire à tout le monde, il ne doit pas s’adresser qu’à des spécialistes.”  Un grand vin s’impose à tous les palais, il se passe quelque chose.

Après tous les vins que vous avez du déguster, vous arrive-t-il encore d’être surpris ?

Bien sûr ! Notamment avec les vins du Languedoc Roussillon en ce moment. J’aime bien fouiner un peu dans cette région. On a tellement de terroirs variés et riches en France que bien sûr on pourra toujours être surpris. Une vie ne suffit pas à tous les goûter !

 


 

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