Reprendre le domaine familial / Episode 1

Reprendre le domaine familial / Episode 1

Reprendre le domaine familial, et trouver le juste équilibre entre conservation du patrimoine et nouveauté.

La vigne est souvent un héritage, qui se transmet de générations en générations. Mais entre volonté de conserver ce patrimoine et poids de la tradition, il faut savoir trouver son propre équilibre. Une chose est certaine, Benjamin Tissier semble avoir élaboré son assemblage idéal.

Andréa et Benjamin du Domaine des Crais

Par une journée ensoleillée de février, nous avons retrouvé Benjamin et sa compagne Andréa à Leynes, charmant village situé à la limite du Mâconnais et du Beaujolais. Lui est médecin, fils de vigneron, elle est infirmière. Mais la passion de la médecine n’est pas la seule qu’ils partagent : ils ont décidé de vivre en grand une autre de leur passion, le vin.

Benjamin, qui a grandi en entendant ses parents lui répéter « Ne deviens pas vigneron, la vigne c’est dur, trouve d’abord une situation professionnelle sécurisante. », les a écouté et a entreprit des études de médecine. Il est devenu médecin et a ouvert son cabinet il y a deux ans à Crêches-Sur-Saône.

L’appel de la vigne

Mais l’appel de la vigne a fini par le rattraper, ou peut-être ne l’avait-il jamais vraiment quitté ? Benjamin nous avoue qu’il n’a jamais manqué les vendanges et a toujours épaulé son père à cette période. Ce sont pour lui des souvenirs heureux, partagés avec sa famille et ses copains. Même alors qu’il était externe en médecine à Londres, il travaillait en tant que vendeur chez le caviste Nicolas pour vivre un peu plus aisément. Il nous confie aussi qu’il a fait le tour d’absolument tous les domaines de l’île de La Réunion au cours des quatre années où il y a vécu quand il était interne. Finalement, ses racines le ramènent toujours à la vigne.

Cette prise de conscience, accompagnée de la forte volonté de conserver le patrimoine familial, lui a fait sauter le pas et annoncer à son père qu’il pouvait prendre tranquillement sa retraite car Andréa et lui reprenaient le domaine, dans la famille depuis 4 générations déjà. Nous avons ressenti dans le discours de Benjamin beaucoup d’émotion, et surtout de fierté, lorsqu’il évoquait tout le travail réalisé par son papa. Il était impensable pour lui de laisser se perdre ce savoir-faire qu’il admire tant et ce caractère qu’il sait donner à ses vins. 

les vignes du domaine des crais

C’est alors progressivement que la passation se fait. Benjamin a suivi une formation agricole à Beaune pour améliorer sa connaissance de la terre. Il a également commencé par prendre en main la partie administrative du domaine, pour soulager son père et comprendre tous les aspects de la gestion d’une exploitation viticole. Andréa et lui l’accompagnent sur les salons professionnels et dans la vigne à toutes les saisons pour amasser tout le savoir-faire qu’il a à leur transmettre. Le millésime 2018 sera donc signé de la main des deux générations, qui partagent, avec beaucoup de complicité, la même vision du vin et du terroir. Benjamin nous confie à ce sujet « Nous avons la même idée de ce que doit être un Beaujolais ou un Saint Véran. J’admire la vision de mon père. Je veux faire des vins dans la même lignée que lui. ». Une chose est donc sure, la tradition familiale sera perpétuée pour au moins une génération encore. 

Une volonté de partager leur passion…

Cela ne veut cependant pas dire qu’Andréa et Benjamin vont répliquer le modèle à l’identique. Ils sont conscients de ce que signifie être vigneron aujourd’hui et ont d’ailleurs été alertés par la baisse considérable de leur nombre dans leur village (50 dans les années 80, ils ne sont plus que 10 aujourd’hui). Il est donc nécessaire de se renouveler et de proposer un peu plus que du vin. Ce couple plein d’énergie prévoit de se lancer dans l’œnotourisme et de proposer des formules associant découverte des parcelles et dégustation des vins qui en sont issus. Ils aimeraient aussi mettre en valeur les artisans locaux en accompagnant leurs dégustations de planches de charcuterie locale par exemple. Tous les deux s’accordent sur le fait que « les gens ont envie de savoir ce qu’ils boivent ». Un vin c’est aussi une histoire, et si ce sont les principaux intéressés qui la raconte, on ne peut que succomber. 

… et de préserver le terroir

Dans les projets du Domaine des Crais se cache aussi une conversion en bio. On y travaille déjà en agriculture raisonnée, mais Benjamin aimerait aller plus loin dans cette démarche. Il reconnait que sa génération est plus sensibilisée à limiter les produits non naturels que les précédentes. Il voudrait donc réussir à garder la « patte » de son père, tout en ayant le moins d’intrants possible dans ses vins. C’est pour cela que le seul employé de l’exploitation, Simon, a été choisi car il a fait ses gammes dans des domaines bio et est féru de vins natures. Pas de précipitation cependant, ils ont bien conscience de la complexité d’un tel changement et souhaitent prendre le temps de le faire correctement, à l’écoute de la terre mais aussi des finances. 

Saint Véran du Domaine des Crais

Entre volonté de conserver son héritage et de lui apporter quelques nouveautés pour le valoriser d’autant plus, Benjamin nous a touché et nous avons hâte de suivre les étapes par lesquelles il passera pour reprendre le domaine familial. Nous nous retrouvons dans les valeurs et la jeunesse du couple et nous souhaitons passer du temps à leurs côtés dans cette jolie aventure. Bien sûr, nous vous en raconterons la suite et en attendant, nous vous invitons à découvrir les cuvées du Domaine des Crais. Saint Véran, Macon Fuissé, Beaujolais et d’autres encore, sont toujours typées et représentatives de la main du vigneron. 

Créer un vignoble pour les nuls, troisième partie : premières vendanges.

Créer un vignoble pour les nuls, troisième partie : premières vendanges.

En aout, Le Bon Gustave a quitté ses espadrilles, sa chemise à fleurs et a enfilé ses baskets. L’heure des vendanges a sonné un peu plus tôt que d’habitude pour le millésime 2018. Yann était néanmoins prêt à en découdre. Pour ses premières vendanges il s’était bien entouré. Maurice, le propriétaire des vignes, qui dompte le tracteur comme personne était là. C’est tout naturellement que Le Bon Gustave a souhaité prendre part à l’aventure.

Top départ des premières vendanges
Malgré un réveil matinal, c’est de bonne heure et de bonne humeur que l’équipe de vendangeurs s’est réunie en ce jeudi 30 aout autour de Yann. Les yeux encore mi-clos mais prêt à investir les vignes.
Le soleil se levait alors que nous parcourions le petit chemin de terre qui mène au vignoble. Chacun s’est vu équipé de ce qui deviendraient leurs plus fidèles compagnons pour la journée : un seau, ainsi qu’un sécateur, made in France s’il vous plait !
L’objectif de la journée : vendanger presque un demi-hectare de Chardonnay, mieux valait ne pas trainer !

Vous vous demandez si la tâche est aussi ardue qu’on le prétend ?

La réponse est oui ! Mais quel plaisir de passer la journée au grand air dans les vignes. Si les poumons jubilent c’est le dos qui trinque quand on réalise ses premières vendanges.

Les vendanges demandent de l’organisation : les cueilleurs se positionnent de chaque côté des rangs de vigne qu’ils remontent. Un ramasseur récupère ensuite les petits seaux des cueilleurs débordants de raisin afin de remplir de larges bacs qui sont ensuite acheminés jusqu’au pressoir.

Ces longues heures passées la tête dans les raisins permettent de rencontrer et d’apprendre à connaître les autres cueilleurs. C’est avant tout une expérience humaine. Nous avons fait la connaissance de Charles, un ancien mais jeune financier, qui a tout quitté pour vivre une formidable aventure. Après avoir obtenu son diplôme et passé quelques années dans un bureau, Charles a décidé de changer de vie. Il a pour projet de partir en Australie, d’investir dans un camion et de sillonner le pays, en vivant de petits boulots, dans l’agriculture notamment. Puis nous rencontrons Franck, au profil similaire à celui de Charles, également dans la finance à Marseille il souhaite troquer sa vie dans les Calanques pour les verts pâturages anglais. Finalement la finance donne des envies de nature !
Cette sans compter sur la précieuse aide du fils de Yann et Naima, âgé de 2 ans et demi et déjà désireux de faire ses preuves.

Noam futur vigneron ?

9h30, c’est l’heure du petit déjeuner !

Du café dites-vous ? Oui mais pas que. Si les vendanges mettent en appétit, l’activité donne soif. Heureusement, Yann avait tout prévu. Maurice aussi nous gratifie de quelques bouteilles de son propre Viognier. Il est un peu tôt pour le vin ? Pas s’il accompagne de fromage et de saucisson. Mais les plus frileux ont quand même eu droit au café et aux viennoiseries.

Il est temps de s’y remettre. Chacun reprend ses outils et part à la recherche des grappes. Le problème c’est qu’après la pause on se refroidit et le dos commence à courber, les premières douleurs se font sentir. Le Viognier au petit déjeuner nous a donné du courage mais la tâche est périlleuse. Yann lui vole de grappes en grappes porté par l’euphorie de ses premières vendanges. De notre côté, quand le sécateur est-il devenu si lourd… ?

Levé de soleil dans les vignes

Le déjeuner se déroule dans une ambiance conviviale, sous forme de pique-nique géant. C’est Naïma, la conjointe de Yann qui s’est occupée de tout. Mais Maurice a également apporté du vin rouge, histoire de ne pas manquer. C’est repu que tout le monde profite du confort des herbes hautes, en admirant la ville au loin. Le fils de Yann en profite pour s’essayer à la conduite (fictive) du tracteur. Tout le monde semble avoir oublié un court instant les premières courbatures.

13h30, fin du pique-nique champêtre : au travail !

Il ne reste que quelques rangées de vignes et tout le monde est reboosté. Le temps est idéal, nous pouvons profiter de quelques rayons de soleil mais sans la chaleur écrasante de l’été. Les bacs sont bien remplis et nous apercevons les dernières grappes au bout du tunnel !
16H30, la journée touche à sa fin. Yann fait une pause et admire son domaine : les vignes ont donné beaucoup de raisin pour ses premières vendanges et le jus s’annonce opulent.

Ce n’est pas sans un peu de tristesse que tout le monde se quitte, en promettant de se retrouver pour gouter la première cuvée. Les mains sont collantes, les chevelures sont maintenant ornées de quelques brins de verdure et c’est avec peine que nous rejoignons nos véhicules.
Nous repartons les jambes lourdent mais le cœur léger car nous allons continuer de suivre l’aventure de Yann.

Retrouvez leur histoire :

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Créer un vignoble pour les nuls, deuxième partie : Le Printemps !

Créer un vignoble pour les nuls, deuxième partie : Le Printemps !

L’équipe de Le Bon Gustave a troqué ses bottes contre des sandales pour sillonner les coteaux du lyonnais !  Poursuivons l’aventure de Yann, le jeune vigneron en pleine création de son domaine viticole. Lors de notre dernière visite, il réalisait sa première taille des vignes. Quelques mois plus tard les premiers bourgeons ont fait leur apparition et les premiers raisins sont visibles : quelle émotion pour notre apprenti vigneron !

Mais qui aperçoit-on au loin dans ses vignes ? Yann, tout sourire, n’a-t’il pas l’air d’un vrai vigneron ? Après avoir parcouru le chemin de terre qui mène aux vignes et fait un rapide état des lieux, nous rentrons dans le vif du sujet.

Tout a changé depuis notre dernière visite. Vous avez dû vivre de belles aventures !

Effectivement, la vigne a énormément poussée. Les paysages gris ont fait place à un domaine viticole verdoyant fourni en grappes de raisins. Mais quel travail pour en arriver là !

Retournons en mars là où nous nous sommes arrêtés 

À cette époque, je me baladais tous les jours dans les vignes avec mon sécateur pour réaliser les dernières tailles. En avril j’ai remplacé les ceps morts et débuté le palissage (cette manipulation permet d’aérer la vigne pour quelle prenne de la hauteur).

Au mois de mai, le temps est venu de protéger les vignes : désherbage et épamprage (débarrasser la vigne des rameaux non porteurs de grappe pour améliorer la croissance des branches fruitières) ! L’objectif est de retirer tout ce qui se trouve au pied des ceps pour limiter la compétition. Vient ensuite le relevage : on maintient en hauteur les sarments de vigne grâce à des fils de fer pour éviter qu’ils ne touchent le sol, n’attrapent de maladies et captent un maximum de lumière. Enfin, on applique des traitements foliaires pour accompagner la croissance des plants.

Avez-vous rencontré des pépins dans vos raisins ?

Je n’ai pas eu mon permis de conduire dans une pochette surprise mais la manipulation du tracteur s’est avérée plus périlleuse que prévue. Je l’avoue bien volontiers, la première utilisation pour les traitements a été fastidieuse !

Une fois le fonctionnement du tracteur acquis, j’ai réussi à faire les parcelles de viognier et de gamay. Pour les chardonnay ce fut une autre paire de manches : cet endroit du domaine viticole est plus spécial ! Ce cépage est planté sur un terrain en dévers beaucoup plus risqué. Il faut vraiment savoir s’y prendre pour ne pas se faire de frayeur ! Maurice a été d’un soutien indéniable pour cette partie dont il s’est en partie occupé.

Mais qui est ce bon Maurice ?

Maurice est le vigneron de 64 ans, à qui je loue une partie de mes terres. Je suis très à l’écoute de ses conseils, il détient un savoir ancestral, celui de la terre, si précieux. Nous sommes en fermage : il est encore impliqué pour des questions techniques et financières.

Sur ces tâches viticoles Maurice, bien qu’il n’y soit pas obligé, m’est d’une grande aide ! Son expérience m’apprend à ne pas me fier uniquement à la théorie, mais à savoir écouter mon instinct et me faire confiance. Des notions qui s’acquièrent avec le temps et l’expérience ! Son savoir est essentiel à la création de mon domaine viticole, car je ne suis pas “L’homme qui murmure à ses vignes” mais pourquoi pas un jour ?

Plus sérieusement nous avons tissé une relation professionnelle étroite, il me laisse gérer ma production à ma façon et se rend disponible lorsque j’en ressens le besoin.

Une anecdote avec Maurice que vous voudriez partager ?

Lors de l’une de mes balades quotidiennes dans les vignes j’ai constaté la contamination de certaines feuilles par le mildiou. Panique à bord ! C’est la bête noire des vignerons. Il fallait absolument traiter la vigne ! Juste avant de saisir mon pulvérisateur j’ai tout de même demandé conseil à Maurice, qui lui est resté très stoïque et m’a suggéré de patienter. Sage conseil puisqu’une semaine de stress plus tard, l’urgence était endiguée.

Alors, heureux ?

Comblé ! Plus j’apprends ce métier, plus je m’épanouis. Le travail de la vigne, très énergivore, demande beaucoup d’organisation pour conjuguer ma vie de famille, sur laquelle je suis intransigeant et ma double activité.

Il ne faudrait tout de même pas oublier d’aller chercher Noam, notre fils, à la crèche.

J’aimerais que Naïma, ma femme, s’intègre au projet pour qu’il devienne familial.

Avez-vous fait de belles rencontres ?

Vigneron c’est un métier de solitaire, ce qui n’est pas pour me déplaire à moi le commercial. Mais depuis notre dernière interview, j’ai côtoyé les vignerons des alentours. Ils m’ont vraiment intégré à leur communauté.  Ils ont été très chaleureux et m’ont apporté un vrai soutien. Certains d’entre eux, que je connaissais à peine m’ont proposé de venir m’aider pour certaines tâches ou encore de me prêter du matériel.

D’ailleurs je suis allé les aider pour une dégustation à la Croix-Rousse, dont l’objectif était de faire découvrir les vins de notre appellation. Tous les vignerons s’étaient mis d’accord pour proposer un tarif unique. L’ambiance était géniale, tout le monde servait les vins de tout le monde, aucune concurrence entre les domaines viticoles : un vrai moment de partage.  J’espère que l’année prochaine mes vins feront partie du lot !

Combiner votre métier de commercial et la vigne c’est facile ? 

Grâce à mon métier de vigneron j’ai gagné en crédibilité auprès de mes clients, faisant de moi un commercial qui passe des mots aux actes : en utilisant ses propres produits. Je trouve ça très satisfaisant d’attester de leur efficacité ! Bien qu’il ait plu, je reste persuadé que si les vignes sont aussi vertes et en bonne santé c’est en partie grâce aux engrais utilisés.

Quel est votre recette magique pour les faire pousser ? 

Pour les viognier, j’utilise un engrais biologique qui minéralise rapidement pour nourrir la vigne. Sinon, j’utilise principalement un engrais foliaire sur l’ensemble du domaine viticole qui apporte les oligo-éléments dont la vigne a besoin.

Le plus de cet engrais, c’est son taux d’absorption : 100% des composants sont captés par les feuilles lors du traitement, évitant les déchets et la pollution des sols, pour un résultat plus respectueux de l’environnement. Avec ce produit j’accompagne au mieux mes plants en ajustant les éléments minéraux au besoin de la vigne.

Quelles sont vos prochaines tâches viticoles à effectuer ? 

Le plus gros du boulot est fait ! Je dois tondre l’inter rang pour éviter que l’eau soit absorbée par les mauvaises herbes, plutôt que par les vignes. Ensuite, je dois continuer à relever les sarments et surement appliquer deux traitements pour être fin prêt pour la récolte !

En revanche le stress reste omniprésent car il peut grêler jusqu’à la veille des vendanges.

Si juillet est beau prépare tes tonneaux ! ready pour les vendanges ?

J’essaie de recontacter les copains qui se disaient motivés pour faire les vendanges. Il faut qu’ils soient prêts à se libérer un jour en semaine. Le top pour cette année serait d’être une douzaine de personnes. J’espère que les petites mains de l’équipe Le Bon Gustave viendront nous aider et rédigeront de l’intérieur le chapitre incontournable des vendanges.

Quelles sont vos projets pour les mois à venir ?

Déjà prendre des vacances en août pour profiter de ma petite famille et des amis : le calme avant la tempête !

Ensuite au niveau professionnel, réussir à trouver une cuve en inox d’occasion pour la vinification de mes chardonnay. 

J’aimerais faire un peu de trésorerie en vendant une petite quantité des raisins des viognier, mais rien de sûr pour l’instant.
Ainsi s’achève notre deuxième chapitre. Vous l’aurez compris cher lecteur, Yann ne cherche pas l’amour mais une cuve en inox alors n’hésitez pas si vous avez des idées. Laissez-nous vos commentaires et impressions, nous serons ravis de les partager.

La suite au prochain épisode… Santé !

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Créer un vignoble pour les nuls !

Créer un vignoble pour les nuls !

Tout ce que vous avez rêvé de savoir et que vous n’avez jamais osé demander !

Prenez part à la nouvelle aventure de Le Bon Gustave !

Nous avons pris le pari de suivre pendant un an les péripéties d’un jeune vigneron des côteaux du lyonnais. Des prémices de la création d’un domaine au premier millésime, vous pourrez découvrir tous les secrets qui se cachent derrière ce délicieux nectar, devenu un pilier de la culture française !

Lundi 9 février, alors que les premiers rayons de soleil apparaissent, toute l’équipe de Le Bon Gustave a déjà chaussé ses bottes pour aller à la découverte du tout nouveau domaine de Yann Fangeat !

Yann frangeât vigneron le bon gustave

Yann, 30 ans, marié et père d’un enfant, au train de vie plutôt confortable a eu la folie de se lancer dans un métier aussi risqué que passionnant : la viticulture. Ce pari osé s’explique surement par un contexte familiale unique. Originaire de la Drôme, dans le Diois, une région connue pour sa production de la Clairette de Die, Yann a toujours été proche du milieu agricole. Jeune, il travaillait l’été avec les agriculteurs du village. Il débute son parcours universitaire à Grenoble par des études de biologie puis une école d’agriculture à Clermont.

Aujourd’hui il est technico-commercial dans l’agriculture, un métier qui lui a permis de rencontrer de nombreux agriculteurs et viticulteurs, ce qui a fait germer cette idée devenue une évidence. Une belle occasion de vivre autrement sa passion pour le vin !

Créer un domaine est-ce aussi long que de récupérer un colis à la Poste ?

Par où commencer…

La première étape est l’étude au peigne fin du parcours universitaire et professionnel du porteur de projet par la chambre d’agriculture. Si vos diplômes et vos expériences ne suffisent pas, préparez-vous à ré-ouvrir vos livres et à retrousser vos manches pour créer un projet personnalisé composé de stages et de formations qui vous permettront de louer ou d’acheter des terres.

Dans mon cas mes diplômes et mes expériences m’ont permis de gagner deux ans de formation et de sauter cette étape pour me lancer directement dans la recherche de mon terrain.

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À la recherche des vignes du bonheur…

La recherche d’un terrain agricole peut être fastidieuse à cause de l’urbanisation et de la pression foncière. À Lyon, le plus simple est de trouver un agriculteur qui part à la retraite pour racheter ou pour louer ses terres.

Pour ma part, j’ai fait le choix de louer des terres pour limiter l’investissement et le risque.

Pour lancer un domaine faut-il casser son PEL ou gagner au loto ?

J’ai fait un emprunt et des demandes d’aides européennes. Pour réussir son projet il est important de s’entourer de bons professionnels comme ceux de la chambre d’agriculture qui m’ont permis d’obtenir le soutien moral des  agriculteurs locaux.

Les deux premières années, m’installer en location va me demander entre 40 et 60 000 euros de trésorerie. Cependant s’il faut rajouter l’achat du matériel, des locaux et des vignes le montant peut vite atteindre le million d’euros. On multiplie donc par vingt ses dépenses en s’installant dans une zone plus prestigieuse.

Comment vivre au mieux ce voyage en terre inconnue ?

Il faut l’avouer la solitude est un quotidien dans ce métier. C’est un des aspects que j’apprécie !

J’ai réussi à créer un équilibre avec ma double activité, le côté vigneron me rapproche de la nature et le métier de commercial me permet de conserver mon côté sociable.

L’entourage est primordial ! Ma femme Naïma, ma famille, mes amis sont de précieux soutiens. Je côtoie aussi les autres vignerons des coteaux du lyonnais. D’ailleurs j’ai été bien accueilli par les autres malgré le fait que je ne sois pas originaire de la région. Ce n’est pas un milieu aussi fermé que l’on pourrait l’imaginer !

Avez-vous donné un nom à cette expédition ?  

Oui, tout à fait, mon domaine s’appellera  Le Domaine d’YF ! C’est une idée du beau-père de ma femme. Après de longues heures de réflexion nous avons tous fini par tomber d’accord sur ce nom. Comme quoi, l’entourage est primordial !  

Je n’avais ni envie qu’on écrive mon nom, ni le désir de me mettre en avant. L’ancien vigneron avait pris le nom de la rue où se situe le domaine, Pré Roy. Je me suis concentré sur un nom plus moderne, sans aucune connotation avec le lieu-dit ou la rue cette fois-ci.

Et le logo ?

Ces missions ont été confiées à ma cousine Marie Mouriquand !

La seule règle : être créative et sans limite !  Elle nous a proposé six logos différents et après un brainstorming familial, nous avons mixé plusieurs logos. Le résultat devait donner envie être élégant, avec une connotation premium, de qualité.

Bien sûr, on conservera cet état d’esprit pour l’étiquette, classique, sobre sans trop de détails.

Nous avons déniché quelques pistes créatives du logo…

Travail YF logo 2  Travail YF logo 2

crédit : Marie Mouriquand

Domaine YF

Domaine YF 1 Domaine YF2

crédit : Marie Mouriquand

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crédit : Marie Mouriquand

Après de longues heures de réflexion le logo final est apparu comme une évidence ! 

logo domaine d'YF

crédit : Marie Mouriquand

Parlons plutôt saveurs ! Quels cépages avez-vous choisi de cultiver ?

En location on ne peut pas forcément choisir ses cépages sauf si on replante. Les vins de France seront composés de viognier et de syrah et les vins d’appellation  de chardonnay et de gamay.

Quid de vos futures cuvées ?

Un peu de tout : du rouge, du  blanc et pourquoi pas du rosé suivant les années. Je vais uniquement produire des vins mono cépage cette année avec 4 cuvées différentes : 2 vins de france et 2 appellations de la région des Coteaux du lyonnais. Le plus de mon domaine est la diversité des cépages qui me permettra de faire des vins pour tous les goûts !

Quelle est votre démarche quand au respect de l’environnement ?

Pour l’instant, je me concentre sur une production conventionnelle axée sur une agriculture raisonnée. Je suis sensible aux autres pratiques mais ma double activité et la nouveauté de mon domaine m’empêche de prendre des risques tels que la production de vin nature dont le goût est très instable. Il faut savoir que le rendement de vin biologique est plus faible et la vigne nécessite beaucoup plus de travail.

 

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Quelles saveurs souhaiteriez -vous retrouver dans votre vin ?

Je vais commencer par essayer de faire un vin buvable ! J’aimerais qu’il soit fruité, facile à boire et léger car c’est le type de vins que j’apprécie et qui correspondent aux attentes des consommateurs actuels.

Quel élevage avez-vous prévu pour vos vins ?

Étant seul je vais investir dans des cuves en inox. Mais dès l’année prochaine j’aimerais acheter du fût de chêne. Je préfère largement cette méthode pour la qualité qu’elle apporte au vin. Elle lui donne aussi de la structure, des notes boisées et fumées, très appréciées par les oenophiles.

Quand sera la première mise en bouteille ?

Printemps 2019,  entre avril et juin pour le blanc. Cependant je n’ai actuellement aucun nom pour les cuvées. On pourra s’amuser en fonction des premières dégustations. Pourquoi pas, “La merveilleuse” ou  “La chance du débutant” !

Le top serait de produire environ 6 000 bouteilles dès la première année.

Quel axe de commercialisation souhaiteriez-vous mettre en place ?

Je suis ouvert à tout, mais je pense m’orienter d’abord vers les cavistes de la région lyonnaise et la restauration. Il y a plusieurs avantages : la notoriété grâce à leur belle vitrine et la dégustation pendant un moment de partage, de convivialité.

L’inconvénient : le volume des livraisons qui seront plus petites mais au moins j’aurai une notoriété. On ne pas gagner sur tous les plans ! Quoi qu’il arrive je souhaite conserver ce lien de circuit-court du vigneron au consommateur final.  

Aimeriez-vous créer des expériences oenotouristiques au sein de votre domaine ?

Je n’ai malheureusement pas de caveau pour l’instant, mais j’accueillerai avec plaisir les oenophiles sur rendez-vous une fois le cabanon retapé. J’aimerais bien faire des animations et voir les gens déguster mon vin !

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Faut-il forcément être dans un réseau de vigneron pour réussir son vin ?

Actuellement je n’ai pas de projets d’adhésion auprès de réseau de vigneron spécifique. Par contre je cotise auprès du syndicat de l’appellation, comme chaque vigneron, pour promouvoir notre appellation et sa communication.

Si on devait lire ton avenir dans votre “verre” de cristal quel serait-il ?

Mon rêve serait que la deuxième année de production nous dépassions les 12000 bouteilles et qu’elles se vendent comme des petits pains. D’ici 5 ans j’espère que le domaine d’YF, aura une clientèle fidèle qui ne cessera de s’émerveiller à chaque dégustation. Je suis très excité de vivre toutes ces étapes et de voir la dégustation du fruit de mon labeur par les amateurs et les passionnés.

Quels sont vos prédictions pour le monde du vin ?

Selon moi l’évolution sera rapide ! Chaque année les appellations évoluent. Des vins de France qui ont si longtemps été dénigrés se vendent parfois une fortune. Les attentes de nos consommateurs changent. Ils cherchent la proximité, ils s’orientent vers des petits domaines. Le nerf de la guerre reste le choix entre la création d’un grand domaine qui propose des prix compétitifs avec des gros volumes ou de faire un plus petit domaine donc moins de volume mais d’avoir un vrai lien avec ses clients. Personnellement c’est ce que je priorise.

vigneron yann fangeat

Avez-vous un vin préféré ?

J’aime tous les vins, sans pour autant être alcoolique !

Je l’avoue, les vins que je consomme régulièrement sont régionaux comme le côtes du Rhône, le Beaujolais, le Côteaux du lyonnais.

Cette rencontre était la première d’une longue série, puisque nous avons pris le pari de suivre les péripéties d’un domaine viticoles du premier jour au premier millésime.

Cher lecteur, si vous voulez suivre la suite des aventures du Domaine d’YF nous vous proposons de vous abonner à notre newsletter ou de nous suivre sur les réseaux sociaux . N’hésitez pas à commenter l’article, nous transmettrons avec plaisir vos réponses à Yann.

Santé !

Autour d’un verre avec… Alexandre Lamard de Lyon Dégustation

Autour d’un verre avec… Alexandre Lamard de Lyon Dégustation

Alexandre Lamard est fondateur de Lyon Dégustation – une agence événementielle œnologique – et porteur d’un nouveau projet de « caves à vivre » en partenariat avec Les Casiers d’Antan. Mais il est avant tout passionné de vin ! Nous l’avons rencontré autour d’un café pour qu’il nous parle de ce qui le fait vibrer. (Il était un peu tôt pour un verre !)

D’où venez-vous Alexandre ? Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours plutôt particulier ! J’ai commencé par des études de littérature anglaise et j’ai obtenu mon Master en Grande Bretagne. Ensuite j’ai enseigné l’anglais pendant 18 ans. Au fil du temps je suis devenu traducteur-interprète dans le secteur viti-vinicole. Ma passion pour le vin se faisait de plus en plus grande, j’ai donc décidé de passer un DU d’Œnologie et Terroirs Viticoles à Dijon. J’ai abandonné l’enseignement pour me consacrer à 100% au vin, c’est ce qui me porte.

Pourquoi avez-vous choisi le vin ?

Mon père était œnologue, nous avions une petite parcelle de vigne en Bourgogne du Sud : je suis né là-dedans. J’ai passé mon enfance dans les caves et les vignes. Mes amis aujourd’hui sont pour la plupart vignerons. J’adore me balader dans les vignes, je ne me lasse pas de lire des livres, de me cultiver sur le vin, d’apprendre : c’est dans mon sang.

C’est donc pour faire de votre passion votre métier que vous avez créé Lyon Dégustation ?

Je l’ai créée en 2015 mais le projet courait dans ma tête depuis un petit moment déjà. C’est une agence événementielle œnologique : on ne fait que des animations autour du vin, pour les particuliers et les professionnels. Par exemple, samedi dernier c’était pour un enterrement de vie de jeune fille !

Généralement, vos clients sont-ils déjà de bons connaisseurs en matière de vin ?

Les personnes qui me commandent des animations sont toujours amatrices de vin, mais dans les invités, ce n’est pas toujours le cas. Il n’y a pas très longtemps, nous commencions une animation de 3h et je voyais une dame qui n’avait pas l’air très à l’aise, elle a fini par me dire qu’elle n’aimait pas le vin ! Mais je pense que dans 99% des cas, les gens passent un bon moment. En plus, en France, le vin est très ancré culturellement, les gens aiment ça, même sans être grand connaisseur. D’ailleurs, je défends un mode de dégustation où tout le monde peut laisser libre cours à son sentiment personnel, je n’ai pas envie d’enfermer la dégustation dans une dimension trop technique. On peut remplir des grilles, mettre des notes, mais moi ça ne m’intéresse pas. En plus de cela, on sait que sur le plan génétique, personne ne sent les arômes de la même manière, il n’y a pas de vérité en dégustation !

Qu’est-ce que vous retenez particulièrement de ces dégustations partagées avec des personnes qui soient connaisseuses ou non ?

Parfois il y a des personnes qui me disent “Alors moi je n’y connais rien mais ça me fait penser à une situation, un souvenir”. C’est curieux comme un arôme peut leur évoquer quelque chose de très personnel. J’entends parfois de belles histoires, on me raconte avec la larme à l’œil « ça me rappelle quand ma grand-mère cuisinait pour nous ». J’aime beaucoup cette dimension de partage.

C’est cette notion de partage que vous préférez dans votre métier ?

Ce que je préfère c’est voir les gens prendre de l’autonomie par rapport au vin lors de la dégustation. On nous a tellement enfermés dans cette obligation d’analyse des critères, que je trouve trop techniques, que j’ai plaisir à voir les gens se dire que leur ressenti est leur propre vérité. Je considère une bouteille comme un œuvre d’art, chacun va en avoir une lecture très personnelle. Il n’y a pas de vérité imposée, l’interprétation est libre.

Au contraire, qu’est-ce que vous détestez dans votre métier ?

Lorsque l’on me demande un devis pour une soirée œno-gastronomique avec un budget qui suffirait juste à payer un Mc Do ! Moi je ne veux pas sacrifier la qualité des vins. Je ne veux pas proposer des vins de mauvaise qualité car, même sans être connaisseur, les gens sont sensibles à cela. Un beau vin participe au fait de passer une bonne soirée, d’en avoir un bon souvenir.

Quel sont vos projets pour le futur ?

J’ai vraiment envie de développer ce concept de cave à vivre. Je propose des pièces permettant de conserver ses bouteilles en les mettant en valeur. Cela permet de les exhiber, un peu comme dans une bibliothèque, et d’y passer des moments conviviaux. Cela fait trois ans que je travaille en partenariat avec Les Casiers d’Antan sur ce projet et nous voulons vraiment continuer à le développer.

Cave

Cave réalisée par Les Casiers d’Antan

Quels sont vos types de clients sur cette offre ?

Alors il y a vraiment deux profils. Je vois à la fois des jeunes couples qui font construire leur maison et qui veulent absolument y intégrer une cave. Ils ont parfois presque dessiné la cave avant la maison ! Et je vois aussi des gens plus âgés, qui ont beaucoup de bouteilles et qui veulent se faire plaisir, mieux les ranger, et dans un endroit qui soit agréable.

Comment travaillez-vous avec eux pour construire leur projet ?

On s’adapte vraiment à toutes les demandes, chaque projet part de 0, on réalise les caves sur-mesure. On choisit ensemble la capacité, de 100 jusqu’à 5000 bouteilles parfois, les matériaux etc. Et puis tout le monde ne voit pas la même finalité dans sa cave, il faut prendre cela en compte. Nous avons des clients qui ont des bouteilles rares, qui ne veulent pas en faire la publicité. Dans ce cas-là, la cave prend des airs d’antre secrète. Au contraire, je rencontre des personnes qui me disent : “J’adore le vin et je veux en faire profiter mes amis. Quand je reçois, je veux qu’on puisse prendre l’apéro dans la cave”. C’est drôle car à force de discuter avec tant d’amateurs de vin, je commence à réussir à me faire une idée de leur personnalité selon les bouteilles qu’ils boivent !

Et alors vous, si vous étiez un vin, ce serait lequel ?

Je serais un pinot noir de Bourgogne, avec une grande complexité aromatique et une texture très soyeuse. Un vin rare, assez haut de gamme. Un Volnay “Les Caillerets” de 2006 par exemple. Vous voyez, tout de suite en le sentant, il y a quelque chose qui vous saisit, que vous soyez connaisseur ou non. Il y a un vigneron qui disait “Un grand vin doit plaire à tout le monde, il ne doit pas s’adresser qu’à des spécialistes.”  Un grand vin s’impose à tous les palais, il se passe quelque chose.

Après tous les vins que vous avez du déguster, vous arrive-t-il encore d’être surpris ?

Bien sûr ! Notamment avec les vins du Languedoc Roussillon en ce moment. J’aime bien fouiner un peu dans cette région. On a tellement de terroirs variés et riches en France que bien sûr on pourra toujours être surpris. Une vie ne suffit pas à tous les goûter !

 


 

Autour d’un verre avec… Dorothée, du salon Mer et Vigne

Autour d’un verre avec… Dorothée, du salon Mer et Vigne

Le Bon Gustave a rencontré Dorothée Chollat-Namy. Dorothée travaille à l’organisation du salon gastronomique Mer et Vigne, créé à Lyon en 1996 par son père qu’elle accompagne désormais. Cette atmosphère familiale est bel et bien présente dans ces salons très conviviaux et humains qui ont pour ambition de promouvoir notre patrimoine culinaire et œnologique. Ils sont donc les dignes représentants de la grande famille qu’est le milieu de la gastronomie !

Pourrais-tu nous parler des salons Mer et Vigne ?

D : Je regroupe des artisans producteurs français sur un lieu pendant 4 jours et je fais venir du grand public, des professionnels ou des particuliers, qui viennent déguster et acheter des produits. Nous prônons la vente directe : nous mettons en relation le producteur, l’artisan ou le transformateur et les consommateurs donc il n’y a pas d’intermédiaire.
Sur l’année, nous comptons environ 120 000 visiteurs et nous travaillons avec 500 exposants.
Il y a en fait un seul salon Mer et Vigne qu’on décline dans 10 villes différentes, avec 16 dates au total. Tout cela se déroule chaque année de septembre à mai, et ce depuis 20 ans.

Les exposants sont-ils exclusivement français ?

D : A 90% oui, mais on travaille parfois avec des exposants grecs, italiens, malgaches, espagnols par exemple.
Ton papa qui a créé ce salon il y a 20 ans, vous travaillez désormais ensemble. Comment vis-tu l’aventure familiale ?
D : Je travaille avec mes deux parents et ça va très bien ! J’ai le même caractère que mon père donc on s’entend bien, chacun a ses tâches. Moi je gère plus la communication et les aspects techniques et logistiques. Ça fait 20 ans que mon père est dedans donc il a un peu le nez dans le guidon. J’écoute ce qu’on me dit, mais je suis plus jeune donc j’amène des nouvelles choses : on a l’avantage d’avoir 2 visions différentes au sein de la même entreprise.

Quel est ton parcours, qu’est-ce qui t’as mené à travailler dans cette société ?

D : En fait je baigne dans ce milieu depuis que je suis toute petite, depuis 20 ans. Je vais sur les salons, je côtoie les exposants depuis que j’ai 9 ans. Ça m’a vraiment toujours plus.
J’ai fait un Master 2 à l’ESC Dijon et j’ai fait plusieurs stages, mais rien à voir avec l’événementiel ou la gastronomie. Puis quand il a fallu trouver un job, j’étais vraiment intéressée par entrepreneuriat. Notre entreprise me plaisait. En plus d’être éthiques, il y a 500 entreprises, micro, petites et moyennes, qui vivent un peu grâce à nos salons.

A ce propos, selon toi, qu’est ce qui distinguerait ce salon d’autres salons gastronomiques ?

D : C’est principalement l’ambiance : ce salon est convivial, familial, simple. Les exposants sont très accessibles, on peut facilement discuter avec eux. Ils aiment parler de leurs produits, donner des conseils et voir des gens intéressés : ce n’est pas que de la vente.

Justement est-ce que tu as une petite anecdote à nous dévoiler à propos de ces salons, un souvenir drôle ?

D : On fait des fêtes avec les exposants. *Rires*. Il y a un salon qu’on fait à Maisons-Laffitte depuis 15 ans, et on a des vieux de la vieille qui nous suivent depuis toujours. Parmi eux, des ostréiculteurs qui partirent à la retraite. Pour leur rendre hommage, on a fait une soirée, on a dansé et les exposants ont commencé à faire un… comment ça s’appelle : on se met assis en rang d’oignons et on fait passer quelqu’un… [Le Bon Gustave a retrouvé la mémoire : c’est le paquito !] Bref, mon père l’a fait, il a pris 10 mètres d’élan, il a enlevé sa veste et s’est jeté sur tout le monde. Ça m’a fait vraiment rire !

Bonne ambiance, effectivement !

D : Oui, même entre nous avec les exposants ! Encore une fois, c’est ça qui nous différencie des autres salons. On ne considère pas nos exposants comme de simples mètres carrés vendus. Parce que notre métier de base, c’est vendre des mètres carrés, mais nous on ne le voit pas comme ça.

Est-ce que vous avez des projets particuliers pour le salon, à court ou à moyen terme ?

D : Euh, oui… mais là je n’en parle pas parce qu’il n’y a rien de fixé…

C’est top secret ! *Rires*

D : On a des idées…

Alors reformulons la question : le salon Mer et Vigne, ce sera quoi dans 5 ans ?

D : On restera pareil, c’est ce qui fonctionne. Il y aura toujours ces salons avec autant d’exposants et de visiteurs, aussi qualitatifs. La qualité d’un salon passe par la diversité des stands donc par la diversité de produits et leur qualité. C’est notre leitmotiv et on veut vraiment garder cette linéarité. Mais il y a d’autres développements, vous en saurez plus bientôt. *Clin d’œil*.

Notre brigade de dénicheurs est assez épicurienne, comme tu peux le voir… Donc pour conclure, si tu devais décrire un vin qui serait à ton image, quelles seraient ses caractéristiques ?

D : Je le vois plus comme un Côtes du Rhône, c’est pour ça que j’ai pris ça [dit-elle en sirotant un Crozes-Hermitage]. Avant j’étais plus sur du Bordeaux parce que j’ai toujours eu le palais Bordeaux car mon parrain est vigneron bordelais. Mais en fait c’est trop lourd, il n’y a pas assez de piquant. Moi j’aime bien les vins tanniques, avec de l’acidité.

Des notes épicées ?

D : Oui, un peu épicé, piquant, qui en laisse en bouche mais en même temps qui soit fin. Un vin équilibré. Un vin avec du corps. Acidulé, dans le bon sens du terme. Fin, et long en bouche. Voilà je pense que ça me définit bien.

 

Retrouvez Dorothée et la prochaine édition du salon Mer et Vigne au Parc Floral de Paris du 9 au 12 septembre et avant cela sur le site web du salon !

 

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Autour d’un verre avec  …  Tony, de l’Epicerie Comptoir à Lyon-Halles

Autour d’un verre avec … Tony, de l’Epicerie Comptoir à Lyon-Halles

Originaire de Perpignan, Tony a bien trouvé sa place à l’Épicerie Comptoir. En effet, ce bar à tapas, épicerie fine et cave à vins est le refuge idéal pour tous les produits du terroir languedocien ! Il existe plusieurs adresses à Lyon: les Halles,  Vaise, la Croix-Rousse et les Brotteaux (il y en a aussi une à Grenoble !)

Passionné, avenant et imprégné de tous ses produits qu’il connaît par cœur, Tony a accepté de répondre aux questions de Le Bon Gustave autour d’un verre de vin du Languedoc-Roussillon, évidemment ! Nous avons voulu en savoir plus sur ce passionné et son rapport qu’il entretient avec ses vins…

Salut Tony, du Club Med à L’Épicerie Comptoir que s’est-il passé ?

TONY : Oulah… beaucoup trop de choses ! Mais suffisamment pour que je fasse de belles rencontres. C’est toujours une question de rencontres !

Une journée avec vous, qu’est-ce que ça donnerait ?

T : Un mélange de vins du Languedoc et de maternelle *rires* car je partage ma vie entre l’Épicerie Comptoir, les vins et mes enfants (Tony attend son 4ème !). Une journée type c’est ça !

Racontez-nous une anecdote du client le plus improbable que vous ayez vu…

T : Quelqu’un qui est arrivé avec beaucoup d’aprioris sur le Languedoc, qui ne buvait que des vins d’une autre région et qui ne parlait que de ça pendant tout le repas. Mais quand il est parti il m’a embrassé et il m’a dit : « Je reviendrai. »… Depuis, il vient trois fois par semaine !

Comment conseillez-vous un client lorsqu’il cherche à retrouver son vin coup de cœur ?

T : Ah… automatiquement je n’ai qu’une réponse… Le Bon Gustave ! *rires et applaudissements de toute la tablée*. La preuve, c’est ce que j’ai déjà fait !

La chose que vous détestez dans votre métier ?

T : Dans mon métier de caviste, ce que je déteste, c’est de ne pas pouvoir satisfaire la demande. Si la personne désire une quantité de vin que je ne peux pas lui fournir, cela m’embête vraiment.

Et celle que vous adorez ?

T : Quand les gens me font confiance aveuglément et qu’ils repartent avec le sourire comme s’ils avaient fait leur propre choix … alors que en fait… c’est moi qui l’ai fait pour eux!

Pourquoi des vins du Languedoc uniquement ?

T: Ce n’est pas mon choix mais ça le serait surement si j’étais le chef des Épiceries Comptoir. Pour mes patrons c’est un concept qui est né avec le créateur des lieux qui était narbonnais et amoureux de ses vins. Il avait donc envie de plébisciter les vins de sa région et je pense que c’était une bonne idée car aujourd’hui on arrive à créer la surprise avec des petites choses assez intéressantes.

Auriez-vous une histoire improbable à nous raconter que vous avez vécu en tant que caviste ?

T : Il m’est arrivé une fois une chose assez farfelue. J’ai failli vendre une bouteille vide ! Elle était bouchée et scellée mais vide. Donc on l’a renvoyée au producteur en lui disant : « écoute, je pense qu’il y a eu un petit souci sur ta chaîne d’embouteillage ! » *rires*

Pourquoi avoir choisi de travailler ici ? Qu’aimez-vous dans le vin ?

T : C’est le bon mot : j’ai choisi de travailler ici. Je les ai forcés à m’embaucher parce que le Languedoc c’est ma région et j’avais une vraie nostalgie. Donc le fait qu’ils fassent des produits de chez moi ça me permettait d’une certaine façon de nourrir ma nostalgie. Et puis je leur ai dit : « qui de mieux pour vendre des vins du Languedoc qu’un languedocien ? Et qui de mieux pour des vins du Roussillon qu’un produit de la catalogne comme moi ? » Je suis un passionné de cette région et quand j’en parle les gens me disent : « on ne peut pas choisir, vous êtes en train de nous parler de chaque produit avec les yeux qui pétillent et le ventre qui gargouille ! ». Je ne peux pas mentir j’aime tous les produits que je vends ici.

Le vin de demain, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça peut représenter ?

T : Le vin de demain pour moi ce n’est pas un vin en particulier mais plutôt une région que j’ai découverte récemment. Je pense que quand le Languedoc et le Roussillon seront, comme beaucoup d’autres régions, plébiscitées dans le monde entier, elles augmenteront leurs prix au point que ce ne sera plus en adéquation avec notre concept. Alors, j’irai bien vers les Coteaux d’Aix. Pour moi, le vin de demain c’est tous les narbonnais qui se sont installés dans les Coteaux d’Aix et qui sont en ce moment en train de faire des choses très sympas. Je cite même un nom: le domaine de l’Olibaou qui est pour moi le domaine qui va monter et qu’il faut surveiller.

Est-ce que vous avez un chouchou dans vos produits ?

T : Oui évidemment ! Jeff Carrel fait partie de mes chouchous c’est certain !

Comment le qualifierez-vous ?

T : Je le qualifierais d’artiste assembleur. J’aime sa personnalité dans son vin, même si je ne le connais pas personnellement car j’ai lu et vu beaucoup de choses autour de lui. Pour moi c’est quelqu’un qui fait les choses par envie et si ça plaît au consommateur tant mieux, sinon tant pis.

Si vous deviez créer un vin, à quoi ressemblerait-il et quelles seraient ses caractéristiques ?

T : J’aime les vins avec du corps donc il serait assez épais, il aurait du répondant mais une certaine rondeur. Le fruit serait quand même très présent car il représente une caractéristique majeure des cépages du Languedoc. Il aurait aussi une petite touche d’épices et serait finalement équilibré comme beaucoup de Pic Saint Loup aujourd’hui par exemple.

Retrouvez Tony sur sa page Facebook ! Bonne dégustation !

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